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Choses dites
14.03.20>30.04.20


Cette exposition aurait pu avoir pour titre Leçons de choses. Nous l’avons rejeté car c’eût été quelque peu trahir son esprit. En effet, il ne s’agit pas, ici, d’analyser, de l’extérieur ou de l’intérieur, des objets, des choses, pour en gagner une meilleure compréhension, comme on le faisait jadis, à l’école, lors de ces leçons de choses, principe éducatif théorisé à la fin du XIXe siècle, mais, bien au contraire, de s’intéresser à ce que les choses ont à nous dire, à nous, observateurs, par le truchement des plasticiens qui s’en emparent. Et tant mieux si Choses dites est le titre d’un ouvrage de Pierre Bourdieu dans lequel, à travers des entretiens avec des ethnologues, économistes et sociologues, il tente d’éclairer et expliciter sa démarche intellectuelle, car il y a, très modestement, un peu de cela dans notre proposition.
     Claude Briand-Picard utilise les matériaux les plus divers en lieu et place des tubes de couleurs du peintre qu’il revendique être. Alphonsine David construit un univers de formes biomorphiques en agrafant des blisters de médicaments ou des feuilles de papier d’aluminium. Danaé Monseigny pose sans cesse la question des rapports complexes de l’humain à l’objet. Baptiste Roux nous propose des compositions colorées, truculentes et jubilatoires réalisées à partir de matériaux et d’objets les plus divers. Sylvie Ruaulx revitalise des rebuts et des chutes de processus industriels. Ghislaine Vappereau aplatit des objets mobiliers pour subvertir notre perception de la perspective et de l’espace.



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Urbanité
16.05.20>18.07.20


Le Trésor de la langue française, référence abso­lue pour notre langue, donne deux définitions pour le mot Urbanité :

A. Manière civile des anciens Romains […] ; par extension, politesse fine et délicate, manières dans lesquelles entrent beaucoup d’affabilité naturelle et d’usage du monde.
B. Caractère de ce qui fait une ville […].

C’est, bien évidemment, dans le second de ces sens que notre exposition s’inscrit. Cependant, nous avons sélectionné quatre artistes qui tentent de caractériser la ville en usant de cette affabilité qui relève de la définition A. ci-dessus.

Mamadou Cissé, longtemps Fresnois, nous propose une vision aérienne de villes utopiques, géométriques, vivement colorées, luxuriantes, quasiment baroques. À l’opposé, Julien Cresp se penche sur la déréliction de sites industriels urbains désaffectés, mais toujours imprégnés d’une présence humaine, fût-elle apparemment manquante. Beatriz Guzman Catena fait s’interpénétrer le milieu urbain et les intérieurs domestiques, brouillant ainsi les notions d’intérieur et d’extérieur, de domaine privé et d’espace public. Camille d’Alençon s’intéresse à des aspects cachés de la ville, souvent nocturnes, montrant que la cité continue à vivre quand la plupart de ses habitants sommeillent.



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Louis Doucet
Subjectiles IX – Essais critiques


Pourquoi continuer à pratiquer la critique d’art ?
     C’est peut-être Walter Benjamin qui en donne, dès 1915, la raison la plus impérative : « au moyen de la connaissance, libérer l’avenir de ce qui aujourd’hui le défigure. C’est là le seul but de la critique. » Par la connaissance, libérer le présent de ce qui le défigure pour un avenir meilleur… Belle utopie…
     Ce neuvième volume de textes critiques poursuit dans cette voie, sans grand espoir de voir les choses changer. Il faut donc lire ces contributions comme étant l’expression d’un refus de se faire le complice, fût-il passif, de la démarche de déshumanisation de la personne, de dénigrement de toute pensée ou de tout comportement qui n’adhère pas étroitement aux canons de la bien-pensance et du conformisme intellectuel.
     C’est du point de vue subjectif d’un regardeur de l’œuvre que l’auteur de ces textes se positionne. Il n’est ici question que de travaux pour lesquels il éprouve de l’intérêt, qu’il apprécie. Ceci ne simplifie pas sa tâche, puisque, comme l’écrivait Pierre Reverdy : « Un critique ne se trahit presque jamais tant qu’il se borne à attaquer ce qu’il déteste. C’est quand il avoue et veut défendre ce qu’il aime qu’il dévoile sa propre médiocrité. » Tant pis, donc, si cette médiocrité est parfois patente. Il n’est pas question de se taire, de rester dans un silence hautain car, comme le remarquait encore Reverdy : « Le silence est la forme la plus haineuse ou la plus modeste de la critique. »



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Espace d’art
Chaillioux Fresnes 94



L’Espace d’art Chaillioux Fresnes 94 est un équipement communal de la ville de Fresnes hébergé dans le bâtiment qui accueille aussi l’école d’art(s) municipale.
     Il doit son nom à la famille Chaillioux, qui a joué un rôle important dans la vie de Fresnes et, plus spécifiquement à Laurence Chaillioux qui a légué, en 1987, des biens immobiliers à la ville pour l’ouverture d’un musée ou d’un centre d’art.
     Il a ouvert, dans sa forme actuelle, en avril 2018.
     Sa gestion est assurée par la commune de Fresnes.
     L’Espace d’art Chaillioux Fresnes 94 a vocation de présenter toutes les formes d’expression plastique contemporaine : peinture, dessin, gravure, sculpture, photographie, vidéo, installation, performance… Il organise de 4 à 6 expositions annuelles.
     L’Espace d’art Chaillioux Fresnes 94 attache une importance essentielle à la médiation auprès de tous les publics, scolaires notamment, de Fresnes et du Val-de-Marne, en organisant des événements, conférences et visites commentées à destination de ces publics.
     Le commissariat des expositions est assuré bénévolement par Hervé Bourdin, artiste plasticien fresnois, président de mac2000, Annick Doucet, bénévole dans une association pour la promotion de la création plastique contemporaine, et par Louis Doucet, membre de C-E-A (Commissaires d’Exposition Associés) / Association française des commissaires d’exposition, président de Cynorrhodon – FALDAC.



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Charlotte Puertas
Journal de la Shéhé


Les œuvres de Charlotte Puertas sont peuplées de fantômes. Ceux de son enfance. Ceux de ses questionnements de créatrice. Ceux de son angoisse de participer à un monde dont elle a du mal à partager les non-valeurs. Artiste polymorphe, également à l’aise dans l’écriture, le dessin, la peinture, la céramique et la vidéo, elle fonde son travail sur des superpositions et des métamorphoses d’images, pratique qui s’enracine dans son expérience vidéographique.
     Son Journal de la Shéhé, rédigé comme un journal intime et illustré de ses visions du moment, est largement autobiographique. On peut y voir un moyen d’exorciser des visions qui la hantent, mais, tout ceci, sans narcissisme ni égotisme. Ce qu’elle écrit et dessine présente un caractère universel dans lequel tout lecteur attentif, comme dans un miroir aux reflets incertains, trouvera de quoi se remettre lui-même en question.



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Louis Doucet
Rhizomes – Pour en finir avec le roman


On raconte que les mourants, dans les ultimes instants de leur vie, revoient, en quelques secondes, les faits marquants de leur existence. Léonard, le héros de ce roman, meurt donc tous les matins, en attendant sa rame de métro, à la station Charles-De-Gaulle-Étoile.
     Rhizomes prend le contrepied de la forme romanesque traditionnelle, tout en respectant strictement la règle classique des trois unités : lieu, temps et action.
     Dans cette rêverie éveillée de quatre minutes, l’auteur essaie de retranscrire le foisonnement incontrôlé d’une pensée libérée de toute contrainte. Les images et les idées jaillissent, bourgeonnent, s’effacent, resurgissent, se télescopent… Elles prennent racine et se nourrissent dans le terreau fertile des souvenirs et de l’inconscient.
     Louis Doucet signe ici son premier roman. Tentative de sabotage d’un genre qu’il abhorre ou réduction de la forme à ses rouages essentiels ? Le lecteur en jugera…



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