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À fleur de peau
10.09.22>29.10.22


Dans ses Fragments d’un discours amoureux, 1977, Roland Barthes déclare : « Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre. » Et si l’expression plastique était, elle aussi, un langage, une peau frottant contre celle du spectateur ? Telle est la question que cette exposition voudrait aborder en présentant les propositions de sept artistes plasticiennes qui, d’une façon ou d’une autre, font appel ou référence à une peau à effleurer du regard… Voire à toucher… Car, les artistes que nous avons sélectionnées invitent à la transgression, à faire fi de l’interdiction de toucher les œuvres exposées… À passer de l’optique au haptique, un retour aux sources de l’art, si l’on en croit Aloïs Riegl dans son analyse de l’art égyptien.

Est-ce un hasard – il y avait une chance sur 128 que cela arrive – si tous les exposants sont des exposantes ? Ce n’était pas un critère a priori dans le processus de sélection mais force est de constater que, parmi toutes les propositions entre lesquelles nous devions exercer un choix, ce sont sept plasticiennes qui se sont imposées.

Comme toujours, dans les expositions que nous organisons, la diversité des techniques et des approches est au rendez-vous : matériaux légers ou impalpables chez Frédérique Gourdon, Camille Rosa et Natalia Jaime-Cortez, fragilité et transparence chez Anne Da Silva, assemblages de métal chez Juliette Frescaline, matériaux massifs et bruts chez Géraldine Guilbaud, sensualité de la peinture acrylique sur toile chez Sylvie Herzog…



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Chaos
12.11.22>17.12.22


Dans la mythologie grec­que, telle que nous la décrit Hésiode dans sa Théo­gonie, Chaos est une béance primordiale. C’est, selon Ovide une masse informe et grossière, bloc inerte et sans vie, assemblage confus d’éléments discordants et mal unis entre eux. Avec la Terre et l’Amour, il précède l’origine du monde et celles des dieux. Il concevra l’Érèbe et la Nuit. Chaos est donc une source vitale à partir de laquelle un monde construit, hiérarchisé, structuré s’élabore.

À l’opposé, dans le deuxième principe de la thermodynamique, Sadi Carnot établit que toute modification, toute transformation d’un système, quelles qu’elles soient, ne peuvent que faire croître son entropie, mesure du désordre dudit système. Le monde est donc inexorablement voué à un retour au chaos…

Chaos structurant et générateur ou terme ultime de toute évolution, telles sont les thèmes abordés par cette nouvelle exposition.

Les démarches et approches de nos six exposants sont, comme toujours, très contrastées : réhabilitation et recyclage du désordre, chez Henri Wagner, constat d’une nature dévastée par les catastrophes naturelles ou industrielles, chez Claire Brusadelli, tentative d’organiser le chaos numérique, chez Christophe Bruchansky, mise en abyme de ce chaos, chez François Martinache, apocalypse joyeuse, chez Didier Gianella, truculence jubilatoire de la confusion, chez Josselin Metivier



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macparis automne 2022
14.11.22>20.11.22


Exception culturelle ?

Pendant les longs mois de confinement et de limitations d’ouverture des lieux culturels, une musique assourdissante se faisait entendre, stigmatisant les prétendument insupportables privations que ces restrictions imposaient à nos compatriotes. Maintenant que nous sommes presque revenus à la vie normale, force est de constater que les musées, expositions, salons, galeries… restent très peu fréquentés… Moins 70 % de visiteurs pour un des salons phares de la scène plastique parisienne… Faut-il donc en conclure que, pour nos contemporains, les lieux de culture ce sont les terrasses de café qui, elles, ne désemplissent pas et ont même pris possession d’emprises significatives de la voie publique ?
     Quid de macparis, notre manifestation, dans ce contexte ? Notre session de printemps a vu une légère baisse de sa fréquentation. Nous avons retrouvé beaucoup de nos incontournables afficionados mais aussi constaté un important renouvellement de visiteurs dont beaucoup n’étaient jamais venus nous voir. C’est un bon signe de vitalité mais qui nous interpelle sur notre capacité à fidéliser ceux que nous avons pu intéresser au moins une fois.



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En suspension
10.01.23>25.02.23


Cette vingt-troisième exposition inaugure la sixième année d’existence de notre centre d’art. Le choix de son titre a donné lieu à de nombreuses discussions entre les trois commissaires. Nous voulions présenter des artistes dont les œuvres parlent de la gravité, de la pesanteur. Des œuvres suspendues ou qui échappent à la chute par un arrimage à des points fixes. En suspens était notre choix initial, mais le mot suspens évoque trop de choses au-delà de ce que nous voulions exprimer : suspens comptables à réconcilier, angoisse de l’attente, mise à l’écart d’un prêtre en droit canonique… Ce sera donc En suspension, même si le mot suspension peut aussi prêter à confusion : suspension de séance, suspension automobile, points de suspension grammaticaux…

Comme toujours, nous avons privilégié la diversité et les chemins de traverses pour évoquer ce thème, sans chercher une exhaustivité illusoire. On y verra donc les foisonnantes forêts d’arbres ou de stalactites en porcelaine de Remy Dubibé, les assemblages artisanaux de végétaux, notamment de ronces, mis en lévitation par Sibylle Besançon, les peaux métaphoriques présentées comme des voiles ou des rideaux de Maya Benkelaya, la fragilité apparente de structures aériennes dont la stabilité est la résultante de jeux de tensions physiques internes de Guillaume Chaussé, les volumes textiles évoquant les corps de migrants suspendus dans l’eau de Dominique Moreau, les substituts colorés et ludiques à des vêtements, à des écorces ou à des épidermes soumis aux effets changeants de la pesanteur de Lydie Chamaret…



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Un, deux, trois, couleur
11.03.23>13.05.23


Le jeu Un, deux, trois, soleil est, depuis longtemps, familier de nos cours de récréation. Il est aussi pratiqué dans de nombreux autres pays, seul le dernier mot, celui sur lequel l’enfant meneur se tourne pour vérifier que personne ne bouge, changeant selon les traditions locales : statue en Algérie et en Tunisie, lumière rouge en Suède, bœuf sur la montagne en Allemagne, aubergine en Roumanie, piano en Belgique et aux Pays-Bas, petit singe chinois au Portugal, bonhomme de bois en Chine, la sorcière regarde en Pologne, touche le mur, poussin anglais ou cachette anglaise en Espagne, congelé au Mexique, étoile en Italie, hareng mariné en Israël, squelette au Maroc…

Tout ceci légitime donc notre choix de substituer couleur à soleil dans le titre de cette vingt-quatrième exposition, entièrement dévolue à la couleur et à cinq plasticien(ne)s qui la placent au cœur de leurs préoccupations. Comme toujours, dans nos accrochages, la diversité est au rendez-vous avec les abstractions gestuelles d’Hélène Jacqz, les univers oniriques de Corinne Jullien, les formes surréalisantes de Michel Galvin, la couleur devenue matière dans les céramiques d’Hélène Néraud, le rejet apparent de toute couleur chez Nicolas Kuligowski…



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Louis Doucet
Subjectiles X – Essais critiques


Vivement touché par la production de certains plasticiens, jeunes ou confirmés, l’auteur a éprouvé, en écrivant ce dixième volume d’essais critiques, le besoin d’en parler, d’exprimer son point de vue sans vouloir l’imposer comme une lecture univoque mais avec l’espoir de susciter, chez certains de ses lecteurs, l’envie de procéder à leur propre lecture. Car il s’agit bien d’une lecture, comme Roland Barthes le souligne : « […], la critique est une lecture profonde (ou mieux encore : profilée), elle découvre dans l’œuvre un certain intelligible, et en cela, il est vrai, elle déchiffre et participe d’une interprétation. Pourtant ce qu’elle dévoile ne peut être un signifié (car ce signifié recule sans cesse jusqu’au vide du sujet), mais seulement des chaînes de symboles, des homologies de rapports : le sens qu’elle donne de plein droit à l’œuvre n’est finalement qu’une nouvelle efflorescence des symboles qui font l’œuvre. »
     Lecture profilée, efflorescences de symboles, quête d’un intelligible qui fait tant défaut dans la critique institutionnalisée qui nous inonde, tels sont les mots-clés qui irriguent et nourrissent les textes ici réunis. Ils ont été écrits en période de confinements successifs, plus ou moins stricts, mais qui ont rendu difficile l’indispensable face-à-face avec les œuvres.



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Espace d’art
Chaillioux Fresnes 94



L’Espace d’art Chaillioux Fresnes 94 est un équipement communal de la ville de Fresnes hébergé dans le bâtiment qui accueille aussi l’école d’art(s) municipale.
     Il doit son nom à la famille Chaillioux, qui a joué un rôle important dans la vie de Fresnes et, plus spécifiquement à Laurence Chaillioux qui a légué, en 1987, des biens immobiliers à la ville pour l’ouverture d’un musée ou d’un centre d’art.
     Il a ouvert, dans sa forme actuelle, en avril 2018.
     Sa gestion est assurée par la commune de Fresnes.
     L’Espace d’art Chaillioux Fresnes 94 a vocation de présenter toutes les formes d’expression plastique contemporaine : peinture, dessin, gravure, sculpture, photographie, vidéo, installation, performance… Il organise de 4 à 6 expositions annuelles.
     L’Espace d’art Chaillioux Fresnes 94 attache une importance essentielle à la médiation auprès de tous les publics, scolaires notamment, de Fresnes et du Val-de-Marne, en organisant des événements, conférences et visites commentées à destination de ces publics.
     Le commissariat des expositions est assuré bénévolement par Hervé Bourdin, artiste plasticien fresnois, président de mac2000, Annick Doucet, bénévole dans une association pour la promotion de la création plastique contemporaine, et par Louis Doucet, membre de C-E-A (Commissaires d’Exposition Associés) / Association française des commissaires d’exposition, président de Cynorrhodon – FALDAC.



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